02-07-07

Quand Ouest-France change de ton !!!!

Pas très habituée à des articles comme ceux-ci, je crois intéressant de les souligner ...le petit président agace, semble-t-il !!!

Paru dans l' édition du lundi 02 juillet 2007
source:  http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet.php?idDoc=421986

Que peuvent faire les députés ?

Avec un Président omniprésent, comment s'équilibrent les pouvoirs ? Dans le régime américain, les pouvoirs du Président sont fortement limités par le Parlement. Celui-ci doit approuver nombre de nominations-clés, tient le budget, peut mettre le Président en accusation pendant l'exercice de son mandat. Dans le régime parlementaire britannique, le Parlement se trouve constamment dépossédé. Le scrutin majoritaire à un tour écrase le petit Parti libéral (hélas, le seul à être européen !). Le parti majoritaire est soumis au Premier ministre. Ce n'est pas par hasard que celui qui s'assure qu'ils votent - et votent bien - est appelé whip, le fouet. Les députés britanniques sont des « godillots » (1). Ils savent que, sans le parti, ils n'auraient aucune chance d'être réélus.

Ici, la volonté de respecter l'opposition est affichée. Dans la nouvelle Assemblée, un socialiste va présider la Commission des finances. Il reste que la majorité absolue dont dispose l'UMP ne lui donne guère de liberté d'action, non à cause de l'opposition, mais en raison de l'écrasant pouvoir du président de la République. Il se veut chef du gouvernement, initiateur des lois jusque dans leurs détails et l'un des deux numéros un de l'UMP, Jean-Pierre Raffarin, vient d'affirmer qu'« il n'y a qu'un patron à l'UMP, c'est Sarkozy ».

Alors, que peuvent faire les députés ? Réponse claire : prendre leur métier au sérieux. Le cumul les empêche d'être pleinement disponibles. Or, 253 députés sur 577 sont maires, 155 conseillers généraux, 91 conseillers régionaux. De toute façon, ils peuvent exercer leur fonction d'intermédiaires. Faire remonter les soucis et les désirs de leurs électeurs, expliquer à ceux-ci la politique du pouvoir et aussi - ce que Robert Buron, dans Le plus beau des métiers, considérait comme une tâche prioritaire - leur traduire les textes administratifs.

Exercer aussi un contrôle, clair en Grande-Bretagne, mais ignoré en France, sur le suivi de la législation : que de décrets d'application en retard de plusieurs années ou pas vraiment conformes au texte de la loi ! Combien de circulaires ministérielles, notamment à l'Éducation nationale, modifient jusqu'aux décrets d'application !

Prendre au sérieux les moments de dialogue que devraient être les questions orales et, pour cela, rompre avec la tradition du Palais-Bourbon qui veut qu'un débat qui n'aboutit pas à un vote n'a, au fond, aucune raison d'être. Prendre au sérieux, enfin, leur droit d'amendement et aussi celui de l'opposition. Même si, à la demande du gouvernement, ils sont repoussés, les débats qu'ils auront suscités ne seront pas inutiles (si, toutefois, les médias jouent le jeu...).

Tout cela ne constitue pas un vrai pouvoir. Mais, puisque l'UMP a accepté l'idée d'une toute-puissance présidentielle, les autres organismes ne peuvent aspirer qu'à des miettes. Sauf le Conseil constitutionnel dont l'existence a permis de démentir la formule célèbre d'un député socialiste : « Vous avez juridiquement tort, puisque nous sommes politiquement majoritaires. » Le législateur ne peut pas tout, même s'il est soumis à la volonté présidentielle.

(1) Le Petit Robert dit que le mot est né en 1876. Alexis Godillot était un fournisseur de l'armée. Sens familier :
inconditionnel, qui marche sans discuter.

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Paru dans l' édition du lundi 02 juillet 2007
source : http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet.php?idDoc=421985

Demain, les trois coups d'un été politique

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La déclaration de politique générale de François Fillon ouvre demain la session extraordinaire du Parlement où seront débattus une partie des projets du candidat Sarkozy.
Pas de vacances pour la politique française. Le Parlement se réunit à partir de mardi en session extraordinaire. Sans doute jusqu'au 3 août. Il est vrai qu'il était en vacances depuis février. La législature avait été suspendue pour cause de campagne présidentielle et législative. Pour leur nouveau mandat, les députés ont du pain sur la planche : examiner les promesses électorales de Nicolas Sarkozy traduites, sitôt son élection, en projets de loi. Le président de la République, homme pressé et coureur de plat, va enfin profiter de sa majorité absolue pour mener à bien ses chantiers. Adepte de la théorie des cent jours d'état de grâce, il tient à aller le plus loin possible en peu de temps. L'été, est donc mis largement à profit. il est vrai qu'il a plutôt une météo de rentrée.

François Fillon face aux parlementaires

Comme si cela ne suffisait pas à son bonheur, le président de la République se rend aujourd'hui à Strasbourg. Il tiendra, à 18 h 30, une réunion publique, comme au bon vieux temps de la campagne électorale. Son discours sera consacré à l'Europe. Entre le sommet de Bruxelles et la rédaction du nouveau traité, dont la responsabilité échoit à la présidence portugaise, les Français auront droit à la version Sarkozy. Deux semaines après l'interview de TF1, l'occasion, pour le Président, de rester au contact des Français, d'occuper le terrain. On sait qu'il brûle de pouvoir s'adresser au Parlement, ce qu'interdit la Constitution. Il faudra patienter pour la réformer.

Le lendemain, ce sera donc le tour de son Premier ministre, François Fillon, de lui chiper la vedette. Ouvrant la session parlementaire par une déclaration de politique générale suivie d'un vote engageant, sans risque, la responsabilité de son gouvernement, le Premier ministre va tenter de se donner un peu d'air face à un Président omniprésent, appliquant son programme électoral à la lettre, et avec lequel ont commencé les premiers couacs. On l'a vu sur le dossier de l'autonomie des universités, dont le projet a été repoussé d'une semaine, ce n'est pas François Fillon qui a repris le contact avec les représentants des universités, c'est Nicolas Sarkozy lui-même, volant au secours d'une ministre débutante, Valérie Pécresse, qui manquait de marge de manoeuvre.

François Fillon s'est retiré au château de Rambouillet, la demeure « secondaire » présidentielle que lui laisse royalement Nicolas Sarkozy qui a pris possession de celle affectée habituellement à l'hôte de Matignon, la Lanterne, à Versailles. Il y a préparé un discours qu'il sait attendu. Dans la forme, plus que dans le fond, largement exposé. Sera-ce celui du Fillon en campagne législative, agressif ? Ou celui du Premier ministre ayant besoin de rassurer et de convaincre avant de laisser les Français prendre des vacances ? En tout cas, l'un de ses prédécesseurs, qui fut partisan de coller à l'Élysée, lui conseille de n'être « pas trop long ». C'est Jean-Pierre Raffarin, devenu numéro un bis de l'UMP et désireux de se faire entendre. Sénateur, il écoutera le discours d'investiture au Palais du Luxembourg, prononcé par Jean-Louis Borloo, le ministre d'État.

Et bien oui, le petit Président finira bien par se faire quelques ennemis ici et là....j'attends ....

Posté par vivianev à 12:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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